Templates - bigtheme.net
Full Reviw on best bokkmakers by artbetting.net

Oeuvres d'Anne de Méjanès

A peine établie à ARGANCY, Madame de Méjanès se montra sous son vrai jour. Toute la paroisse sut bientôt qu'elle était une chrétienne convaincue avec laquelle il fallait compter. 

Par l'influence de toutes les vertus pratiquées au grand jour, Mme de Méjanès ne tarda pas à prendre un grand ascendant sur l'esprit de la population. A son exemple, celle-ci se transforma. Naturellement, les principes surnaturels qu'elle cherchait à inculquer à tous ceux qui l'approchaient, eurent leur première application dans la conduite de son mari. 

Ce fut d'abord une pharmacie des pauvres, tenue et dirigée par Monsieur de Méjanès. il fit usage, pour cela de quelque experience acqUise durant sa vie militaire. Sa réputation médicale se répandit au loin: on venait des villages voisins. Il donnait alors le linge, la nourriture et le logement. Des pièces du château furent réservées aux malades trop éloignés des chemins, et certains y restèrent plusieurs semaines pour recevoir des soins. On vit quelque fois à Argancy, jusqu'à cent malades soignés par le charitable ménage. 

C'était l'hommage dû de Mme de Méjanès, à son esprit de foi, à sa vigilance incessante, à sa douceur. Ainsi le comprirent les habitants d'Argancy qui s'imprégnèrent à leur tour de ses moeurs et de ses pensées, vécurent de sa piété non moins que de ses libéralités, et furent réellement quelque chose de son âme . On la vit partout où il y avait une souffrance à soulager, des larmes à sécher, une douleur à consoler, prodiguant ses caresses aux enfants, ses soins aux malades, ses largesses aux indigents, ne se rebutant ni devant le vice ni devant la bassesse des travaux les plus vils, toujours le sourire aux lèvres, pleine de vaillance en face des misères et des infortunes. 

Jadis ses devoirs de femme du monde l'avaient plus d'une fois arrêtée dans ses élans de piété. Dans sa retraite à Argancy, elle se trouvait très à l'aise pour s'y livrer autant qu'elle le désirait. 

La première oeuvre qu'elle établit fut une oeuvre sociale en même temps que de préservation. Les habitants d'Argancy sont connus pour aimer le travail qui leur assure une certaine aiSance. Mme de Méjanès, en les voyant courbés sur la terre pour en tirer de quoi se nourrir, eux et leurs familles, ne pouvait s'empêcher de les plaindre. Tandis que les parents peinaient à l'ouvrage, les jeunes filles étaient souvent oisives: le plus grand service à leur rendre ne serait-il pas de leur procurer du travail pour ajouter au bien-être de leurs familles? 
En y réfléchissant, elle résolut de créer une filature dans laquelle seraient admises toutes les jeunes filles qui se présenteraient. Cette filature fut établie à proximité du château. Les jeunes filles s'y présentèrent. 

Mme de Méjanès avait en vue de procurer à celles-ci l'étoffe qui devait servir à leurs vêtements. Une étoffe commune, mais chaude, semblable à celle dont se vêtaient nos villageois à cette époque. Si Mme de Méjanès n'avait eu que l'intention de fournir à 
des jeunes filles inoccupées un travail rémunéré, leur fournissant l'occasion de venir au secours de leurs familles, elle méritait encore toutes les éloges. C'était le commencement et comme le prélude de ces ouvroirs chrétiens, si féconds en fruits de salut. 
En vivant ainsi en communauté de sentiments avec leur pieuse protectrice, les jeunes filles d'Argancy la rapprochaient de leurs familles et formaient pour ainsi dire le trait d'union entre elle et les gens de la paroisse. 

A cette oeuvre s'en rattachait une autre, plus générale, connue sous le non de veillée. Une vieille coutume de Lorraine voulait que, le soir venu, les femmes du village se réunissent dans la maison de l'une d'entre elles, où tout en causant et tricotant pendant ses longues soirées d'hiver, c'est ce qu'on appelait les « couaroils » Beaucoup de nos contes populaires sont sortis de ces réunions. Mais si les doigts étaient agiles, les langues ne i'étaient pas moins, et bien des querelles naissaient là avec les médisances.

Mme de Méjanès offrit sa maison pour ses veillées.Elle obtint que ces soirées traditionnelles prissent un caractère sérieux en fondant des « Veillées chrétiennes ». A sept heures, la veillée commençait, par la récitation de l'angélus et du chapelet. Puis on se mettait au travail, en gardant d'abord le silence: on se livrait ensuite à d'agréables conversations. A dix heures, Mme de Méjanès lisait ou faisait lire la vie du saint dont l'église célébrait la fête le lendemain. Cette lecture faite, on reprenait le travail 
et la conversation jusqu'à onze heures et demi. On se séparait alors, après avoir récité à haute voix la prière du soir, suivie de la lecture d'un point de méditation, ensuite 
chacune se retirait en silence. 

Dans nos campagnes, libres, mais saines et très pieuses encore, l'initiative de Mme de Méjanès fut fort bien accueillie. Les soirées furent toutes aussi joyeuses, plus laborieuses, et surtoutJa médisance s'en trouva bannie. Lorsque plus tard, Mme de Méjanès fonda sa Congrégation, plusieurs jeunes filles du village, qui participaient à ces veillées, vinrent se présenter incontinent à elle et lui demander d'être admises au nombre des postulantes. Mais une autre oeuvre plus importante Mme de Méjanès. 

A cette époque, toutes les âmes zélées se préoccupaient de la situation faite aux enfants, surtout aux enfants pauvres, par l'organisation défectueuse des écoles primaires. 

Déjà le vénérable Jean Martin Moye, vicaire de la paroisse Saint-Victor de Metz, après ordination en 1754, eut l'idée de créer des écoles de filles au moment où l'hostilité contre les gens et les instituteurs d'Eglise se manifestait de plus en plus ouvertement. 
Après beaucoup d'hésitation, le projet d'écoles est enfin agréé en 1761. Les deux premières écoles sont ouvertes à Saint-Hubert et Béfey le 14 janvier 1762. 

Mme de Méjanès mit elle-même la main à la tâche à Argancy, moins favorisé sous ce rapport qu'Ay, Hauconcourt, Saint-Baudier, où se trouvaient déjà des soeurs religieuses, fondées par M. Möye. 

C'est à ce moment, au début de la Révolution, que Marie-Anne MUTHELOT la nièce de la belle mère de Mme de Méjanès, vint rejoindre sa chère amie d'enfance. Marie-Anne MUTHELOT se trouvait seule dans la vie. Plusieurs fois, Mme de Méjanès lui avait demandé de partager avec elle les soins de la maison d'Argancy. Marie-Anne craignait de gêner le ménage, bien 
qu'elle eut conservé une très vive affection pour celle qui avait été, dans la demeure de M. Tailleur, sa petite soeur. Elle répondit enfin aux instances que le malheur du temps faisait plus pressantes. 

Marie-Anne Muthelot décida d'établir, dans le village qui en était dépourvu, une école gratuite pour les jeunes filles. Quelques enfants se présentèrent d'abord, mais bientôt toutes les familles de la paroisse les envoyèrent. Marie-Anne par ses prévenances et sa douceur, faillit succomber à la tâche d'élever tout ce petit monde, différents d'âges et de connaissances. Mme de Méjanès dut venir la seconder, ajoutant à son oeuvre de charité une nouvelle reuvre qui s'avérait prospère. 

Le programme qu'on suivait alors, n'était pas encore bien détaillé. Selon M. Louyot on apprenait aux enfants d'Argancy, « à lire, à écrire et à chiffrer ». Quand à l'écriture, « on écrivait un jour en gros un jour en fin.» 

En voyant leurs soeurs se rendre avec plaisir à l'école dont ils étaient exclus, les petits garçons se mirent à réclamer, et Monsieur de Méjanès qui avait quitté le service sans se douter de ce qui l'attendait, dut suivre l'exemple de sa femme et devenir instituteur. 
En apprenant ce qui se faisait à Argancy, on y venait demander à Mme de Méjanès des leçons qu'elle ne pouvait refuser. 

Ainsi s'ébauchaient déjà les oeuvres auxquelles devait se dévouer plus tard la Congrégation de Sainte-Chrétienne, et l'on ne peut guère méconnaître que la divine Providence n'ait voulu, de la sorte, préparer la future fondatrice à sa mission à venir.

Rechercher...

Calendrier

 ◄◄ 
 ◄ 
 ►► 
 ► 
septembre 2017
Lun Mar Mer Jeu Ven Sam Dim
1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

The bet365 is best bookmaker in the world.

The Best betting exchange betfair